10.11.09

10.11.09

Je me souviens de tous ces moments passés, le bonheur était tellement ancré dans chaque cellule de ma peau, dans chaque tissu, chaque nerf de mon corps, et seul le sang de l'euphorie me traversait. L'énergie ne me faisait jamais défaut, je vivais de sourires, rires et fou-rires, et à y repenser, les coins de mes lèvres se distendent pour reprendre la position qu'ils ont perdue. Légèrement retroussés, ils se décollent vers le haut. Je souris.

C'est ce sentiment qui me manque, ce sentiment après lequel je cours. Le changement me fait mal, me détruit, je ne supporte pas l'idée de ce que je suis. La peur me ronge, le doute m'obsède et ce mot que je n'ose pas prononcer, devant personne, est à lui-seul suffisant pour me nuire dans des proportions peut-être bien trop grandes. Comment en parler ? J'ai tellement honte de ce qu'il m'arrive, impossible de l'évoquer à quiconque. Et ça fait mal. Mal de penser que les autres ne peuvent pas vous comprendre, qu'ils ignorent pourquoi vous réagissez de cette façon face à eux. Je n'ose plus aller voir ces personnes qui me tiennent tant à c½ur, de peur de leur montrer ce que je suis devenue, tout ce que je ne suis pas, de peur de leur montrer une image différente, une qu'ils ne connaissent pas. Honte de ce que je suis. Et malheureuse de les sentir s'éloigner, à cause de soi...

J'ai peur de mes réactions dans cet état, peur de dire ou faire des choses que je regrette bien souvent par la suite quand mes idées sont un peu moins brouillées. Je suis en dialogue permanent avec moi-même, à peser le pour et le contre avant chaque entreprise, à bien trop souvent me mettre à penser comme les autres pourraient le faire pour évaluer les réactions et conséquences possibles. Je n'arrive pas à penser simplement. Je ne pense pas avoir jamais su le faire, pourtant je m'en sortais quand même.

Je suis bien trop pétrifiée pour pouvoir avancer, ce passé, âge d'or vers lequel je me retourne sans cesse, est encore bien trop important pour moi aujourd'hui. Je ne peux m'en décrocher, il reste mon idéal à retrouver. La chose est-elle perdue ?


*Dors le mal est passé, il te rattrapera pas
Le souffle coupé, tu n'es plus son appât
Ta peine s'est fendue au délire des autres
Qui oublieront bien vite que tu n'es plus des nôtres

Et si ça fait mal c'est parce qu'il comprend pas
Que nul ne nage dans ton coeur depuis longtemps
Et si ça fait mal c'est parce qu'il ne te voit pas
Alors que ton sourire enfin s'éteindra*
[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el martes 10 de noviembre de 2009 13:41

Modificado el martes 10 de noviembre de 2009 16:35

Plane.

*Il m'aime encore, et moi je t'aime encore plus fort*


Dans un flou artistique, effectivement. Et artistique est peut-être le bon terme.
Cette vie non tracée est procuratrice de tellement de sentiments confus et si peu distincts. Ne pas savoir ce que l'on veut faire de sa vie. Ce n'est pas grave, mais la question mérite quand même d'être posée. Des études vraiment intéressantes, mais la motivation freinée quand on ne sait pas où l'on va, quand on sait que cette école ne sera pas celle qui vous mènera tout droit à un métier que vous envisagez. Comment arriver à trouver un aspect suffisamment convaincant pour s'y mettre ?
J'aimerais pouvoir être décidée, claire et sûre du chemin à prendre. J'aimerais pouvoir foncer tout droit, *d'un pas décidé*, sans tourner la tête pour vérifier ce qu'il se passe de chaque côté. Mais je me connais, et je sais que je ne fonctionne pas de cette manière. Besoin de tout explorer, de fouiner, de chercher, de me perdre, pour rebondir, repartir, à nouveau parcourir, besoin de suivre ce chemin sineux et embué. Pourquoi ? Peut-être sinon par peur de me faire chier ? Peut-être car je n'aime pas ces chemins conventionnels et traditionnels. Ou peut-être encore parce que le doute paralyse.
La capacité à se concentrer n'est plus aussi accessible. Une autre sorte de défi à relever. Des batons dans les roues que je m'institue, par "moi-même". Pour se prouver une quelconque chose ? Ou cercle vicieux ? Par ce doute qui s'exprime d'une façon si sommaire, un baton dans les roues. Ce baton dans les roues qui me fait encore plus douter.

Le théâtre est cet unique objectif que je distingue clairement. Il est là, j'observe ses planches, sa scène, ses fauteuils, sa magie si fascinante, finalement si envoutante. Il m'attire, m'habite, obsède mes pensées. Me fait vivre à l'instant où j'entre en contact avec lui. Et pour cause, je ne vis qu'en sa présence.
J'ai besoin de défi, besoin de me prouver à moi-même que j'ai les capacités de. Aujourd'hui, j'ai du mal, demain j'y arriverai. Et pour cause, je ne lacherai jamais rien. Une fois de plus je ne connais. Ce sentiment de "pouvoir faire", il ne m'a jamais quitté. J'aurais déjà tout laché depuis bien longtemps sinon. Et maintenant je le sais.

J'ai besoin de cette euphorie, cette joie poussée à l'extrême qui me fait m'envoler bien plus haut que le parterre sur lequel je repose. Besoin de sentir que je m'échappe de ce corps, de moi-même, que je dépasse cet état résumé à la stricte vie quotidienne, aux besoins les plus sommaires. Sources de ce sentiment si puissant n'étant que de deux, voire trois types : les amis, le théâtre, et le là-bas. Alors j'irai auprès d'eux m'y rassasier autant que faire se peut, j'irai m'y remplir à en devenir toujours plus pleine de cet oxygène si libérateur.

Je ne sais pas où je vais, je me laisse planer dans ce flou, mais un jour, je reprendrai pied. Ce jour là, ce ne sera que le recommencement.


*
Plane.
[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el domingo 08 de noviembre de 2009 05:37

Modificado el martes 10 de noviembre de 2009 14:07

On a toujours le choix ?

La vie est là, juste de l'autre côté. Franchis ce pas, et n'attends pas que quelqu'un d'autre vienne le faire à ta place.

19 ans, et depuis deux ans, ma vie se résume à une constance d' "aurais dû", "n'aurais pas dû". Et pourquoi faire, si ce n'est se laminer l'esprit ? La décision est là, à portée de tes doigts, et tu n'as plus qu'à la saisir. Un simple geste, un simple effort.
Mais cette décision te semble si fuyante, si imprévisible, et finalement si fragile. A l'instant où tu t'en empares, elle semble te filer entre les doigts, tu sens sa froideur se glisser le long de chaque parcelle de ta peau, pour finalement s'échapper quelque part dans la nature, jusqu'à ce qu'elle revienne un jour à toi. En partant, elle te laisse un goût amer dans la bouche, ce goût qui te met mal comme à chaque fois, et que tu ne digères que très lentement, le temps de l'ingurgiter. Mais quand l'amertune s'est enfin dissipée, comme cet élément de résolution que tu n'avais pu discerner auparavant, recouvert d'un trop plein de regret, un goût d'espoir retentit et surgit avec force en toi. Il t'emporte alors dans sa légèreté, t'entraine vers des horizons que tu n'espérais plus poursuivre, et tout te semble dorénavant plus clair. Tu te sens vivre, et rien ne compte plus. Alors la décision revient à toi. Tu t'en empares et...


PoLluX
[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el martes 03 de noviembre de 2009 14:11

Modificado el martes 03 de noviembre de 2009 14:37

L'Art de l'oisiveté - Nuits d'insomnie.

L'Art de l'oisiveté - Nuits d'insomnie.

Il est très tard. Tu es allongé dans ton lit et tu ne peux pas dormir. La rue est calme. De temps à autre, le vent agite les arbres dans les jardins. Un chien aboie quelque part. Une voiture passe dans une rue éloignée. Tu entends parfaitement son bruit cadencé et tu devines qu'il s'agit d'une voiture à suspension. Tu la suis en pensée. Elle tourne à un coin de rue, accélère tout à coup, mais bientôt l'écho de sa marche rapide s'évanouit doucement dans l'immensité du silence. Puis c'est le tour d'un passant noctambule. Il semble pressé, son pas résonne de façon étrange dans la rue vide. Il s'arrête, ouvre une porte, la pousse derrière lui. Le calme immense s'installe de nouveau. Il est perturbé à plusieurs reprises par d'autres petits échos de la vie extérieure qui se font cependant de plus en plus rares, de plus en plus discrets. Puis viennent les heures de grande lassitude, où la moindre brise, la moindre poussière qui glisse derrière la tapisserie deviennent puissamment sonores, prennent une importance considérable et irritent les sens. Tu ne dors pas. La fatigue a seulement déposé un voil léger sur tes yeux et tes pensées. Tu entends le sang battre inlassablement dans tes tympans; tu perçois l'activité ténue, fébrile qui agite ta tête douloureuse; tu sens dans tes veines à vif le rythme régulier mais troublant de ton pouls.
Cela ne te sert à rien de te retourner d'un côté puis de l'autre, de te lever et de te recoucher. Tu traverses un de ces moments où tu ne peux plus échapper à toi-même. Tu es dominé par tes pensées, par les mouvements de ton âme et de ta mémoire, et personne n'est là pour parler avec toi, pour te permettre de les réduire au silence comme les autres fois. Celui qui vit loin de son pays revoit en pensée la maison et le jardin natals où il passait son enfance, les forêts où il vécut les journées les plus libres et les plus inoubliables de sa jeunesse, les chambres et les escaliers où résonnèrent les bruits de ses jeux. Il revoit l'image de ses parents, étrangers, sévères et vieillis, avec cette expression d'amour, d'inquiètude et de léger reproche dans le regard. Il tend la main et en cherche vainement une autre qui s'offre à lui. Alors, un sentiment de grande tristesse et de solitude le submerge. Là-dessus ressurgissent d'autres figures, qui, dans l'athmosphère troublée et grave de ces instants, nous rendent presque tous mélancoliques. Qui n'a pas dans sa jeunesse fait endurer de pénibles journées à son prochain, rejeté l'amour qu'on voulait lui donner et méprisé la bienveillance d'autrui; qui n'a pas négligé de saisir le bonheur qui se présentait par défi et par orgueil; qui n'a pas un jour blessé quelqu'un dans son honneur, qui ne s'est pas déshonoré, qui n'a pas manqué à un ami par une parole insensée, une promesse non tenue, un geste vil et cruel ? A présent, ces personnes se tiennent devant toi, silencieuses. Leurs yeux sereins te regardent d'une étrange façon et tu as honte face à eux, face à toi-même.
Tu songes à toutes les nuits que tu as passées dans ce lit à dormir paisiblement après des journées pleines de mouvements, de bruit et de distractions. Tu songes au temps incroyablement long qui s'est écoulé depuis que tu n'as pas dialogué comme aujourd'hui avec toi-même, en silence et sans fard. Autrefois, tu croquais la vie à pleines dents, tu disais et entendais un nombre infini de choses, tu riais aussi énormément; mais à présent, c'est comme si rien n'avait existé. Tout cela t'est devenu étranger, se détache de toi, alors que les ciels bleux de ton enfance, les images de ton pays natal tombées depuis des années dans l'oubli, les voix de ceux qui ont disparu depuis longtemps, te semblent tout à coup formidablement proches et présents.


Herman Hesse, l'Art de l'oisiveté - Nuits d'insomnie
[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el lunes 02 de noviembre de 2009 12:35

Modificado el martes 03 de noviembre de 2009 05:23

Déclic.

Déclic.

*Euphorie*

Si je peux ne serait-ce que gagner deux ans, alors je prends.

[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el viernes 30 de octubre de 2009 16:04

Modificado el viernes 30 de octubre de 2009 16:18